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Nicolas a quitté un métier confortable pour vivre autrement

C’est avec plaisir que j’ai discuté avec Nicolas de sa reconversion professionnelle. Il a effectivement quitté un métier qui était, on peut le dire, confortable financièrement pour vivre en adéquation avec ses valeurs et être au plus près de la nature.


Retranscription écrite :

_ Alors on peut dire que tu as fais un revirement professionnel à 90 degrés. Raconte-nous ton parcours.

J’étais chimiste dans l’industrie pharmaceutique où j’étais chargé du contrôle analytique des produits. Et j’ai décidé de changer de vie et donc de devenir maraîcher.

 

_ C’est en décalage complet

Oui je suis passé de la chimie au produit 100% naturel. Un vrai retour à la nature.

 

_ Quel était ta motivation pour faire ton premier métier

J’ai toujours été attiré par les sciences et j’ai donc préparé un DUT génie- chimie.

 

_ Tu n’avais donc pas choisi cette voie par défaut.

Non, j’ai découvert un univers vraiment sympa.

 

_ Tu étais épanoui

Jusqu’au drame. Le nouveau management à « l’américaine » a tout bousculé. J’y allais à reculons, je faisais les nuits, les jours fériés… sans compter qu’avec la fatigue on embarque tout le monde.

 

_ Je comprends. Ayant travaillé de nuit je sais que lorsque l’on ne se sent plus en phase avec son métier, les inconvénients prennent des proportions importantes et on a de plus en plus de mal à les surmonter

Plus rien n’était pareil ! Les 2-3 dernières années, le taux de dépression chez mes collègues a considérablement augmenté.

 

_ Certains de tes collègues souffraient

Et ils souffrent encore étant donné qu’ils sont encore en post.

Certes tout le monde trouvait mon projet génial, mais ils partaient du principe que pour 20-25 ans à tenir ils préféraient rester. Ils trouvaient trop dangereux de partir avec un crédit maison et des enfants à charge.

Il faut reconnaître qu’il y a un réel risque financier et on embarque toute sa famille avec. Si la famille ne t’accompagne pas t’as perdu déjà 50 % de tes chances de réussir ton projet.

 

_ Le soutien des proches est important. En ce qui te concerne, ta famille a bien accueilli ta décision, ils ont compris ?

Compris non, je gagnais bien ma vie ! Ils ne comprenais pas pourquoi je voulais quitter cet emploi; j’avais une certaine liberté les week-end. Vu de l’extérieur c’est difficile à comprendre

 

_ Ils se sont sans doute demandé si peut-être tu ne traversais pas la crise de la trentaine, en se disait ça va lui passer (rire)

Il faut dire que ça ne va pas dans la logique des choses, où il est important de gagner sa vie et préparer sa retraite.

Il m’a fallu quelque temps pour comprendre que l’on a qu’une seule vie, pas deux, et qu’il faut le faire.

 

_ Oui, il faut le faire pour notre bien-être et notre qualité de vie, même si on peu perdre un certain confort

Pour moi il était hors de question de me retrouver à un certain âge à faire le point et me dire m* c’est pas ce que je voulais faire

Ça peut sembler égoïste mais bon…

 

_ Ce n’est pas de l’égoïsme, tu as raison, on a qu’une vie. Et vivre avec des regret et des remords n’aide pas, puisqu’au final ça se ressent et se répercute sur notre entourage qui ressent ce mal-être. C’est sûrement difficile à comprendre au début, il peut même y avoir des reproches, mais je suis persuadée que dans la durée il y a le bénéfice. Les gens sont normalement content de notre épanouissement.

Oui et non ! Il peut y avoir une certaine jalousie car tu les mets face à un miroir. Ils voient ce qu’ils n’ont pas osé faire. Ça peut être dur pour certaines personnes. Ils préfèrent alors tourner les talons pour ne pas voir.

 

_ Est-ce que ça a empiété sur tes relations avec tes collègues ?

Nous étions tous dans le même bateau ! Chez eux c’était de la résignation , je les voyais arriver en pleure.

On peut dire qu’il y avait une bonne mise en concurrence avec le comptage des erreurs. Ma chef nous avait inventé des catégories : ceux qui tirent le groupe, les chevaux malade etc.

 

_ Tu n’as plus ta valeur de salarié

Non tu n’es plus qu’un bâton, avec la pression du « je peux me faire virer »; donc tu préfères ne rien dire.

 

_ Il y a besoin de changer les méthodes de management pour que ce soit plus humain. On a perdu ce coté humain.

Moi j’ai eu des déclencheurs. J’aurai pu rester et continuer à subir, parce qu’il faut le dire « on se fait à tout ».

J’ai toujours eu le rapport avec la nature et une passion pour le jardin. On a créé avec ma femme, une association pour soutenir les agriculteurs du Cap Vert. Le dernier  voyage là-bas qui a duré 1 mois en totale immersion m’a transformé. J’ai eu un électrochoc à mon retour ! Lorsque je suis retourner travailler, j’ai passé le portique et là, je me suis demandé pourquoi j’étais là, « c’est pas ce que je veux faire » ! Et là ça a commencé.

 

_ Tu t’es écouté. Il s’est passé combien de temps entre ton départ et ta décision de partir.

Il s’est passé 2-3 ans.

 

_ C’est long ! Comment as-tu tenu pendant tout ce temps ? Je sais pour l’avoir vécu que c’est pénible d’attendre. Lors de ma demande de rupture j’ai du patienter 3 mois et ça ma semblé une éternité. Psychologiquement on n’est déjà plus dans l’entreprise, on est ailleurs. Comment tu as vécu cette attente ?

Pas très bien

 

_ Comment as-tu fais pour tenir.

Je ne sais pas… Par déduction je me dis que  j’avais sûrement une certaine force.

 

_ T’avais un but et je pense que ça t’a aidé à tenir

Et puis on ne veut pas embarquer tout le monde avec soi, car tout le monde en pâti sinon. J’évitais de trop en parler.

Mais j’avais vraiment envie de le faire. Si l’attente durait trop longtemps, j’aurais été prêt à partir sans rien. Car on te met tellement la pression, à la fin tes mis au « rebut ». On en a été à me proposer un licenciement pour faute grave !

 

_ Sur le plan financier, comment as-tu fais pour ton projet ?

J’avais un apport financier grâce aux assurances vie que j’ai choisis de mettre dans mon projet. Il me manquait encore de l’argent et la rupture conventionnelle était la meilleure solution. Il y en avait pour tout de même près de 10 000€.

La rupture a été très longue car non acceptée par ma hiérarchie. Il a fallu que je fasse appel au syndicat, que je monte des projets, aller voir plusieurs fois la direction en sachant qu’ils brassent des centaines de millions… Mais bizarrement j’étais devenu tout d’un coup indispensable, et on ma culpabilisé en disant que je lâchais le labo et qu’il allait s’écrouler par ma faute.

Je ne savais pas qu’on pouvait être indispensable, si j’avais su j’aurai renégocié mon salaire (rire)

Ils avaient certainement peur de l’effet boule de neige.  Ils ont essayé de taire l’affaire, mais je me suis fais un malin plaisir à en parler justement autour de moi. Ils ont fini par lâcher et accepter ma rupture.

 

_ Et en ce qui concerne tes relations avec tes supérieurs durant cette période ?

Pas terrible, ma chef ne voulait pas du tout que je parte.

 

_ Est-ce que tu as douté pendant ce parcours ? Est-ce que tu t’es dis ça vaut pas le coup de subir tout ça ?

Non ! J’ai eu des moments de micro doute… Mais pour moi il était clair que ce n’était plus possible de rester là. Je ne pouvais plus travailler là-bas. Et j’avais trop envie de réaliser ce projet quoiqu’il arrive.

 

_ C’est beau ! Quand on a trouvé son but on pourrait passer des épreuves difficile pour l’atteindre.

Je sais que tout peut arriver, peut-être que dans 2 ans je me dirais que j’ai fais une « connerie » on sais pas. Mais ce n’est pas le plus important. L’important c’est d’essayer !

 

_ Aujourd’hui tu te sens comment ?

Bien, je n’ai aucun regret.

 

_ Qu’est ce que ça a changé ?

Je n’ai pas de hiérarchie, c’est moi qui gère. Je suis dehors toute la journée avec la nature, j’ai du soleil et de la pluie, peu importe. Je suis persuadé que ça se ressent, car j’ai la conviction que lorsque l’on offre un sourire à quelqu’un sa journée va être mieux et ça se répercute sur les gens qu’il rencontre.

 

_ Vis-tu correctement de ta nouvelle activité ?

Oui correctement, ça pourrait être mieux évidemment, mais c’est suffisant pour vivre

 

_ Il y a quand même un décalage entre ton ancien emploi et ton nouveau métier

J’ai vu comment pouvait vivre des gens pauvres mais qui ont toujours le sourire, qui sont capable de t’inviter à manger alors qu’ils ont peu. Quand tu reviens en France où on se plaint tout le temps ça m’était devenu insupportable.

 

_ Apprendre à vivre mieux… Avec moins certes, mais mieux !

Oui c’est ça. J’ai mis 10 ans à me rendre compte que l’argent ne fait pas tout, ça aide mais c’est loin de faire tout.

 

_ Et le regard des autres ?

Le regard des autres ne m’a pas impacté. La plupart des gens trouvent ça bien. Mais je sais que les gens ne sont pas prêt à abandonner les signes extérieurs de richesse. Par exemple je connais pas mal de monde qui préfère manger mal, pour être sûr de pouvoir s’offrir une belle voiture ou des vacances au ski. Pour moi le choix est vite fait, je préfère une petite voiture et manger bien ou m’offrir des petits plaisirs qui me correspondent mieux.

 

_ Alors parle-nous de tes légumes; ils sont Bio ?

Non car les démarches sont importantes et pour l’instant je n’ai pas envie de m’y mettre. J’ai tellement été dans les normes et procédures dans mon ancien emploi… et tout ça a aussi un coût. Mais j’achète des plants et des graines bio, du purin naturel et pratique le désherbage manuel.

 

_ Pour toi ce n’est que du bonheur.

Ça a été une libération totale ! Tu te sens fort. C’est ton projet, ça y est t’es dedans !

 

_ Merci pour ton témoignage, j’espère que ça en inspirera d’autres

Mais de rien. Je ne trouve pas ça exceptionnel, malgré qu’on me le dise souvent. Il y a des milliers de personnes qui créent leur entreprise et qui font ce qu’ils ont envie de faire. C’est largement possible.

 

 

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